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15 Mars 2026 21h09 GMT
TRANSPORT

Scanning à 100 % au port de Douala : quand la normalisation dérange les ennemis de l’ombre


Depuis plusieurs semaines, le débat sur l’instauration du scanning à 100 % des cargaisons au port de Douala-Bonabéri enflamme l’opinion publique. Cris d’orfraie, dénonciations tapageuses, soupçons savamment entretenus… Pourtant, à y regarder de près, cette polémique semble moins relever d’un véritable enjeu technique que d’une résistance orchestrée à la modernisation et à la transparence.
Car ce qui est présenté comme un « scandale » à Douala fonctionne sans heurts et sans bruit au port en eau profonde de Kribi.
Kribi, la preuve par les faits
Au port autonome de Kribi, l’opérateur Transatlantic D assure depuis plusieurs années le scanning des cargaisons dans un environnement aux enjeux sécuritaires bien plus élevés. Le système y repose sur un principe simple mais efficace :
un scanning conforme aux normes internationales ;
une base de données centralisée ;
un accès partagé aux informations pour l’ensemble des acteurs concernés : Douanes, Eaux et Forêts, Police, corps et services spéciaux.
Résultat : aucun blocage, aucun scandale, aucune crise. Le dispositif fonctionne, les opérations se poursuivent, l’État sécurise ses frontières.
Pourquoi ce qui est accepté à Kribi deviendrait-il soudainement inacceptable à Douala ?
Le scanning à 100 %, une exigence internationale
Contrairement à certaines affirmations, le scanning à 100 % n’est ni une lubie locale ni une innovation hasardeuse. Il s’inscrit dans le respect strict des normes internationales de sûreté, notamment le Code ISPS (International Ship and Port Facility Security Code), qui impose le contrôle des cargaisons à l’entrée et à la sortie des installations portuaires.
Rappelons une évidence souvent oubliée : le port de Douala est une frontière maritime, au même titre qu’un aéroport est une frontière aérienne.
Dans les aéroports, les passagers sont scannés par les services de sûreté, puis, si nécessaire, par les scanners des douanes. Ce double niveau de contrôle ne choque personne.
C’est exactement ce schéma qui est progressivement mis en place au port de Douala depuis janvier 2026.
Une stratégie de sécurisation globale assumée par le PAD
Le scanning à 100 % n’est d’ailleurs qu’un maillon d’un vaste projet de sécurisation engagé depuis 2019 par l’Autorité Portuaire de Douala, avec l’aval de son Conseil d’administration, conformément au décret du 24 janvier 2019 portant réorganisation du PAD.
Ce projet comprend :
une sécurisation physique avec une barrière périmétrique ;
une surveillance humaine, avec près de 500 jeunes recrutés et formés ;
une surveillance animale, matérialisée par la création d’une brigade canine suite à une convention signée en janvier dernier ;
une surveillance technologique, intégrant la vidéosurveillance, le pesage des marchandises et désormais le scanning intégral des cargaisons.
Parler aujourd’hui d’improvisation ou de passage en force relève donc de la mauvaise foi.
Une polémique révélatrice de résistances occultes
Dès lors, une question s’impose : pourquoi tant de bruit autour d’un dispositif normal, légal et déjà éprouvé ailleurs ?
Pour de nombreux observateurs, cette agitation cache mal les intérêts contrariés de réseaux de l’ombre, habitués aux zones grises, aux failles du système et à l’opacité des circuits portuaires.
Le scanning à 100 %, en renforçant la traçabilité et la transparence, réduit mécaniquement les marges de manœuvre de ceux qui prospéraient sur l’absence de contrôle.
Ce qui est combattu aujourd’hui, ce n’est donc pas la sécurité du port de Douala, mais la fin d’un certain désordre profitable.
S’aligner aux standards mondiaux n’est pas un crime
Le Cameroun ne fait ici que s’arrimer aux standards internationaux en matière de sûreté portuaire. Refuser cette évolution reviendrait à accepter que le principal port du pays reste en marge des pratiques modernes, au risque de sa crédibilité et de sa compétitivité.
À Douala comme à Kribi, la sécurité n’est pas négociable.
Et quand la transparence dérange, ce n’est jamais un hasard.