mercredi , 24 janvier 2018
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France à fric !

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<< …dans l’argile informe des multitudes primitives, la France modèle patiemment le visage d’une nouvelle humanité. >> Albert Sarraut, ministre des Colonies; discours prononcé en 1923 à la séance de réouverture des cours de l’Ecole coloniale.

La visite du nouveau président français en Afrique a soulevé une fois de plus le débat sur cette fameuse relation entre un pays et ses ex colonies. Ce sentiment de paternalisme condescendant, de l’esprit bon enfant, des réflexes de subordination, et autres complexes susceptibles de légitimer la forfaiture appeler colonisation. Il a fallu s’arroger le devoir d’éduquer, de civiliser l’autre, le supposé primitif. Celui qui vivait librement dans son propre continent, avec ses traditions et coutumes, celui qui n’avait jamais eu besoin d’aller piller les autres. Ces supposées << aides >> à l’Afrique, puisqu’il est insensé de la spolier pour revenir lui faire la charité, sont le meilleur moyen de la maintenir sous dépendance, pour ne pas dire perfusion.

Au-delà des discours, il faudrait commencer par poser les jalons pour une réelle collaboration. Du gagnant-gagnant où chaque partie pourrait négocier à sa guise, sans pour autant empiéter sur les intérêts de l’autre. Une réelle coopération technique, industrielle, économique… Et surtout, avec des dirigeants africains choisis par un peuple souverain. La France placera toujours ses propres intérêts sur les nôtres (à juste titre), puisque sa puissance, son statut sur l’échiquier mondial repose aussi sur ce système néocolonialiste. Leurs multinationales se sucrent abondamment sur le dos des africains. Une relation marquée par des épisodes douloureuses de massacres, de pillages de ressources, de crimes lâches et barbares. Il est aussi important de le rappeler, sans pour autant verser dans la victimisation, mot préféré des négationnistes. Pourtant, même après les indépendances il a fallu maintenir le cordon sous une autre forme, le néocolonialisme. Donc qui a vraiment besoin de l’autre pour survivre ? Nous avons même du mal à nous débarrasser ou poursuivre nos bourreaux, sous protectorat français en ce qui nous concerne.

Non seulement, ils s’enrichissent au pouvoir pendant que la population lutte pour sa survie, mais se paient une retraite dorée en Occident à défaut de mourir au pouvoir. La famille Compaoré vient nous rappeler cette triste réalité et comme le ridicule ne tue pas, Blaise << empereur >> burkinabé déchu est devenu citoyen ivoirien de première catégorie. Ceci après le discours de Hollande, et l’arrivée de Macron au pouvoir. L’idée n’est pas de se décharger sur les autres, ainsi fuir nos propres responsabilités, mais d’appeler à une réelle collaboration basée sur le respect et la considération. Ce système grégaire et réfractaire au développement de l’Afrique, est nourri et entretenu par ceux qui en profitent largement. Les hommes ne font que passer, pendant que la gangrène continue de sévir. Alors, la France et ses gouverneurs constituent un frein à la concrétisation de cette véritable indépendance vitale pour nos pays.

Le changement de paradigme doit être palpable à tous les niveaux de coopération, loin de cette vision utopique où une partie de l’Afrique serait incapable de s’en sortir toute seule. Aux enfants du berceau de l’humanité de se rebiffer et de prendre leur destin en main. Non d’attendre des discours libérateurs, qui en réalité ne font que maintenir ce joug tant décrié. Hollande aurait voulu cette rupture tant attendue par les nouvelles générations, Macron prétend le vouloir, le prochain aussi le voudra certainement à sa façon, mais que veulent les Africains ? Surtout cette jeunesse désespérée et déboussolée, au prix d’être réduite en esclavage.