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15 Octobre 2026 23h56 GMT
POLITIQUE

CSTC : l’épreuve de force et la bataille de la légitimité


À la Confédération syndicale des travailleurs du Cameroun (CSTC),  le calme affiché de la direction contraste avec l’agitation fébrile des frondeurs. Depuis le congrès du 17 juillet 2026, la Confédération syndicale des travailleurs du Cameroun se divise, déchirée entre la légitimité proclamée d’une élection et les accusations de déstabilisation portées par une dissidence dont les arguments peinent à convaincre sur le terrain.

Dans les couloirs syndicaux, on ne parle désormais que de cela. Interrogé sur la légitimité des assises de juillet, le président confédéral Abraham Baboulé, droit dans ses bottes, balaye toute remise en question. Pour lui, les règles ont été dictées par les textes et rien d'autre. « Tout a été fait dans les règles de l’art », martèle Abraham Baboulé, s’appuyant sur le calendrier statutaire qui imposait l’envoi des convocations deux mois avant le jour J. Une preuve, selon lui, de l'irrecevabilité d'une contestation qui se fragilise elle-même par son absence totale de fondement juridique.

Car au-delà de la bataille des statuts, c’est le sentiment de gâchis qui prédomine. Au sein de la direction, on regarde avec une forme de perplexité la trajectoire de ces dissidents, lancés dans ce qui est décrit par le président Abraham Baboulé comme « une aventure sans issue ». Le décalage est d'autant plus frappant que la fronde, tentant d’exporter ses griefs jusque sur la scène internationale, à Genève, s’est heurtée à une fin de non-recevoir. Dans les salons feutrés de la diplomatie syndicale, la question fusait : comment peut-on invoquer une irrégularité alors que les convocations pour un congrès ne peuvent émaner que d’une seule autorité, celle du président confédéral Abraham Baboulé en exercice ?

En tentant d’ouvrir des antennes parallèles et de bâtir une légitimité par l’agitation, les contestataires semblent, selon l'état-major dirigé par Abraham Baboulé, se murer dans leur propre chaos. La direction se veut, elle, sereine. Avec le soutien affiché de l'essentiel des organisations affiliées au nouveau bureau confédéral, la CSTC entend tourner la page d’une fronde dont l’influence semble s’évaporer aussi vite qu'elle était apparue. Une guerre d’usure s’est installée, où, manifestement, le respect strict des textes pourrait peser plus lourd que l’audace de ceux qui, faute d’arguments, ont choisi la voie de l’improvisation.