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16 Octobre 2026 01h36 GMT
ECONOMIE

Premiere assises de Efracam : Elig-Mfomo et l'Efracam scellent un partenariat pour l'économie sociale et solidaire


Il aura fallu attendre la deuxième journée des premières assises d’Efracam au Cameroun  pour que les intentions se traduisent en engagements précis. Réunis le jeudi 9 juillet 2026 à Elig-Mfomo ,le maire Stanislas Ayissi et la délégation des Élus en France d'origine ou de nationalité camerounaise (Efracam) ont posé les jalons d'un partenariat destiné à financer les micro-projets et structurer les groupements agricoles de la commune.
Le chiffre donne la mesure du défi : 90 % de l'écosystème économique local évolue encore dans l'informel, en décalage avec le Code général des collectivités territoriales décentralisées. À cela s'ajoutent un déficit de données statistiques fiables et un manque de ressources humaines qualifiées pour monter des dossiers éligibles aux financements internationaux , des lacunes que des dispositifs comme les guichets du FEICOM ou son Prix national des meilleures pratiques de développement local peinent encore à combler à eux seuls.
C'est dans ce contexte que Pierre de Gaëtan Njikam Mouliom, président de l'Efracam, a présenté le modèle de parrainage direct porté par son organisation : chaque membre de l'association agit comme point focal entre sa collectivité française d'adoption et un territoire d'ancrage au Cameroun. Il a annoncé vouloir faire d'Elig-Mfomo le site pilote, au Cameroun, pour l'application des résolutions adoptées lors du Forum mondial de l'économie sociale et solidaire de Bordeaux. Face à l'assistance, il a insisté sur la durée de l'engagement de son organisation, écartant l'idée d'une démarche isolée : « Une partie du Cameroun et une partie de la France se sont associées pour que servir soit leur seul but. »
Du côté municipal, trois priorités ont structuré les échanges. Il s'agit d'abord d'ouvrir un dialogue avec l'Efracam pour puiser dans l'expérience des élus locaux français et intégrer l'économie sociale et solidaire aux plans communaux de développement. Vient ensuite l'inventaire des atouts d'Elig-Mfomo , terres agricoles, artisanat, savoir-faire ; en vue d'amorcer un basculement d'une agriculture vivrière vers une production territorialisée génératrice d'emplois. La troisième priorité concerne le recensement des initiatives économiques déjà actives sur le terrain, coopératives féminines, artisans, micro-entrepreneurs, afin d'ajuster l'accompagnement à leurs besoins réels.
Le maire Stanislas Ayissi a proposé en échange que la commune mette à disposition ses terres et ses infrastructures, en contrepartie d'un accès facilité aux technologies de transformation, aux marchés extérieurs et aux circuits de financement portés par la diaspora. Pour lui, l'économie sociale et solidaire ne relève plus du choix mais de l'obligation pour les collectivités locales : « Elle n'est pas une simple alternative, elle est une nécessité absolue. »

La rencontre a aussi eu une dimension sociale, avec la remise d'un lot de matériel médical à l'hôpital de district : fauteuils roulants, déambulateurs, cannes et consommables  avant de se clore par une visite des stands présentant les productions agricoles et artisanales locales.